Les agents de bord sont enfin reconnus pour assurer notre sécurité

La pandémie de COVID-19 modifie profondément le transport aérien. Ce changement touche aussi notre perception du rôle de l’agent de bord.

Les compagnies aériennes réduisent leurs services. Elles ajoutent de nouvelles règles pour freiner la propagation du virus. Désormais, les passagers portent des masques obligatoires. Ils acceptent aussi les sièges centraux laissés vides. De plus en plus de voyageurs apprécient les compétences techniques de l’équipage. Cette reconnaissance est majeure, surtout face aux origines sexistes de ce métier.

Une priorité absolue : la sécurité

« Notre principale responsabilité a toujours été la sécurité« , déclare Brenda Orelus, hôtesse de l’air et fondatrice de Krew Konnect. Elle salue ce changement de regard. Selon elle, il est dommage qu’une pandémie mondiale ait été nécessaire pour que le public comprenne enfin leur véritable mission.

Les professionnels du secteur partagent cet avis. Mike Boyd, expert en aviation, explique que la sécurité définit ce rôle depuis les débuts de l’aviation. Aujourd’hui, cette importance revient au premier plan. Les agents de bord professionnels anticipent constamment les urgences. Les équipages américains, par exemple, préparent une cabine pour un atterrissage forcé en un temps record.

Un rôle de santé publique

Certains gouvernements reconnaissent officiellement ces compétences médicales. Le Royaume-Uni et la Suède ont mobilisé le personnel de cabine comme soignants de première ligne. Ces compétences restent souvent invisibles pour les voyageurs en temps normal. Cependant, la crise sanitaire actuelle change la donne. Les passagers suivent désormais scrupuleusement les directives de l’équipage.

Les nouvelles responsabilités sanitaires

Les agents de bord gèrent de nouvelles tâches cruciales. Ils vérifient les équipements de protection des passagers. Ils maintiennent également la distanciation sociale lors de l’embarquement et durant le vol.

Turkish Airlines a même créé une équipe d' »experts en hygiène ». Ces membres d’équipage surveillent uniquement l’application des mesures sanitaires. Malgré cela, une question demeure. Pourquoi a-t-il fallu attendre une crise mondiale pour prendre les hôtesses de l’air au sérieux ? Brenda Orelus pointe du doigt le sexisme persistant. Longtemps, le public a perçu ces professionnelles comme de simples « serveuses de l’air ».

L’évolution de l’état d’esprit

Dans les années 1960, le service de luxe dominait l’image du métier. Les repas gastronomiques et les cocktails élaborés renforçaient cette perception superficielle. Les compagnies voulaient séduire par le prestige. Cette quête de luxe occultait souvent la formation technique rigoureuse du personnel.

La rigueur de la formation

Le personnel suit pourtant des programmes de sécurité très stricts. « Nous devons maintenir une moyenne d’excellence pour obtenir la certification de la FAA », précise Brenda Orelus. Il est frustrant de subir le mépris de certains passagers malgré ce haut niveau de qualification.

L’impact direct de la pandémie

La COVID-19 a suspendu les services les plus luxueux. Les repas en classe affaires sont désormais préemballés. Les compagnies ont supprimé les serviettes chaudes et limité l’alcool. Ces mesures visent à respecter les distances de sécurité à bord.

Le métier tente de se détacher de son passé. Le titre « agent de bord » remplace progressivement celui d' »hôtesse de l’air ». Dans les années 70, les compagnies utilisaient des slogans sexistes pour attirer les clients. National Airlines nommait ses avions avec des prénoms féminins.

L’uniforme et les clichés du passé

À l’époque, les uniformes incluaient parfois des tenues très courtes. Les recrues devaient rester célibataires et respecter des critères de poids stricts. Elles devaient souvent quitter leur poste avant 35 ans. Mike Boyd affirme que ces absurdités disparaissent enfin. La sécurité définit désormais l’image du métier auprès des clients.

Vers la fin des normes d’apparence strictes ?

Certaines compagnies maintenaient encore récemment des règles rigides. Emirates impose un maquillage précis. Delta exigeait des talons hauts dans les aéroports. Le PDG de Qatar Airways vantait même la jeunesse de son personnel de cabine en 2017.

Cependant, les choses bougent. British Airways autorise désormais le pantalon. Virgin Atlantic ne rend plus le maquillage obligatoire. Durant la pandémie, les équipements de protection remplacent les masques de beauté. Reste à savoir si ce changement durera.

Projections pour le futur du métier

Brenda Orelus craint un retour aux vieilles habitudes après la crise. Mike Boyd se montre plus optimiste. Il pense que l’image de professionnalisme restera gravée dans l’esprit des passagers. Les hôtesses de l’air méritent le même respect que les pompiers ou les policiers.

Sans ces professionnels, le transport mondial s’arrêterait. Le public doit enfin reconnaître leur rôle vital. Nous continuons de suivre l’impact de la COVID-19 sur le personnel de cabine et les voyages au quotidien.